Billet d'humeur

Petite plume

Quatre mois que je ne suis plus venue écrire ici. Douze textes écrits en une année, l’équivalent d’un par mois. Je ne sais pas si je dois en rire ou pleurer. Je me suis éloignée pensant que je reviendrais plus forte et pourtant, je suis là devant mon ordinateur, et je sais que ce texte n’aura ni queue ni tête. Toutes les personnes qui me soutiennent seront certainement déçues. Je ne sais pas quoi dire, quoi écrire, quoi peindre. On dit toujours qu’il faut être malheureux pour écrire. Peut-être ne l’étais-je pas assez. L’écriture est parfois égoïste. Il faut dire aussi que ma vie est chargée depuis ma réussite au concours, en juin 2016. Tout s’est enchaîné et je ne trouve plus le temps de me poser devant mon clavier et de laisser place à mes sentiments. Alors je préfère lire, encore et encore, pour me donner de l’imagination. Mais je trouve que les autres parlent mieux à ma place alors je me décharge un peu. Je m’en veux de m’être éloignée si longtemps parce que je suis dans l’incapacité, aujourd’hui, de revenir. Alors le seul souhait et la seule résolution que j’ai à accomplir pour l’année 2017 seraient de me remettre un peu à l’écriture, de trouver de nouveaux sujets, d’expérimenter des choses, de me laisser aller. Et de ne plus voir l’écriture comme une contrainte. J’ai peur d’ennuyer les gens avec les sujets qui reviennent tout le temps – l’amour, l’amitié, la page blanche, l’atrocité du monde qui nous entoure, même si c’est tout ce qui nous entoure – je veux changer de bord, comme on dit, voir et écrire de la nouveauté. Me donner des challenges. Alors, la toute petite plume que je suis vous demande un peu d’aide. Je ne sais pas. Des suggestions, des envies, des idées. Je sais que vous êtes là, derrière vos écrans d’ordinateur et que je peux compter sur vous.

Je pense à vous.
Et j’espère que cette année 2016 a été bonne pour vous. Qu’elle a eu ses nombreux bas et tous petits hauts. Des montagnes russes. J’espère que vous continuez de sourire quoiqu’il arrive. Le sourire est la plus grande des forces.

Je vous embrasse,

Orlane.

Chute, Espoir

Saute

Pas besoin de punching-ball pour calmer mes pensées. Mes mots seront mes coups de poing, la page, mon défouloir.
– septembre 2015

Un an. C’est long, un an. Il peut se passer diverses choses, des bonnes comme des mauvaises. Un an. Qu’il est parti, qu’il a foutu le camp de ma vie, que, du jour au lendemain, je me suis retrouvée à cuver dans mes propres larmes et à tenter de les éponger. Un an. Nous passons tous par là, un jour ou un soir d’automne, où les feuilles commencent à tomber et qu’elles craquent sous les pieds. Nous recevrons tous ce message qui nous dit « J’ai pris ma décision » et qui balance des coups électriques dans les veines jusqu’à atteindre le coeur. Et ce regard que l’on jette dans le vide pour trouver une réponse, un espoir, un je-ne-sais-quoi qui ferait que tout cela n’est qu’un cauchemar. Un an. Je pensais que la vie ne pouvait pas continuer sans lui, que l’amour c’est comme la mort, une fois seul il n’y a plus rien. Que c’est fini, pour de bon, lui, nous, surtout moi. Mes ailes se sont brisées, mes mains ont touchées le sol et pourtant, non, la vie ne s’est pas arrêtée. Elle a accélérée comme pour me dire « debout, y a tout un monde qui vit et qui n’attend que toi ». Alors je me suis levée, j’ai regardé ce monde qui tournoyait et j’ai sauté dans le wagon. Dans ce wagon, des gens formidables m’attendaient sagement, sirotant quelques bières, les sourires aux lèvres. Je me suis assise, j’ai essuyé mes larmes puis une personne les a essuyé pour moi, m’a pris la main et ne l’a jamais lâché depuis. Il a dû utiliser de la colle forte pour que ma main ne s’enfuit pas, cette sorte de colle qui vous fait sentir important dès l’aube. Vous savez, ce moment où le soleil pointe le bout de son nez. Les couleurs y sont magnifiques… c’est celles que je vois, chaque matin, en regardant son visage et en dansant avec mes amis. J’ai bien fait de sauter dans ce wagon sinon je serai toujours à quai. Et c’est triste, de rester sur le quai et d’attendre que l’autre revienne. Il ne reviendra pas alors saute, vit, pleure, ramasse-toi et rigole un bon coup. La vie ne s’est pas arrêtée non, elle a pris un nouveau sens.

Non classé

S’attendre

Un jour quelqu’un m’a dit « je ne trouve rien de plus ridicule que d’écrire un texte qui parle du syndrome de la page blanche » et intérieurement, je me suis posé pas mal de questions. Peut-être avait-il raison, peut-être avait-il tort. C’est à la fois un sujet facile quand on n’a plus rien à écrire, quand l’inspiration n’est plus là – on a juste à piocher l’évidence et à trouver quelques mots pour se plaindre. Rien de plus simple. Et pourtant, ce sujet est sensible. Peut-être que cette personne n’écrivait pas, peut-être qu’elle n’avait pas conscience de la signification que peut parfois avoir le simple fait d’écrire, de poser sa plume sur le papier, de laisser l’encre couler, de se laisser aller tout court. C’est un épanchement de soi, écrire. C’est se délivrer de diverses couches qui viennent étouffer le coeur. Et pourtant…

Parfois, on n’y arrive plus. On se dit « ça reviendra plus tard! », les autres nous le disent aussi. Ils comptent sur nous, ils nous soutiennent, nous disent que tout ira mieux et que les choses reviendront aussi vite qu’elles sont parties. Mais non. Voilà maintenant quelques mois que je ne prends plus le temps de m’asseoir tranquillement à mon bureau, d’allumer mon ordinateur ou d’ouvrir mon carnet pour y gratter quelques mots. J’ai perdu ce geste pourtant primordial il y a quelques années. Peut-être ai-je tout simplement voulu repasser de l’autre côté, vous savez, ce côté de la vie réelle où les mots deviennent secondaires. Me consacrée à mes études, à ma famille, être l’amie qui console et qui aspire tout un mal être, me consacrée à l’amour et ses douceurs, à être forte même si parfois les larmes montent aux yeux. Ne pas les laisser couler, c’était peut-être sur ça que mon cerveau se focalisait. Oui parce que se faire quitter, du jour au lendemain, par une personne avec qui vous avez passé quatre ans et demi de votre vie, avec qui vous avez grandi, c’est pas simple et désolée d’être humaine, d’avoir un coeur et de trouver ça dégueulasse de devoir oublier une personne comme on claque des doigts pour disparaître. Je n’ai même pas réussi à mettre de mots sur ce sentiment d’abandon et je ne réussirai jamais. Mais peut-être que mon manque d’inspiration et cette envie de lâcher un peu du leste vient de là.

Si je regarde toutes les raisons qui m’empêchent d’écrire, la liste serait plutôt longue. Et après tout, il n’y a pas de regret à avoir : je n’ai rien à écrire, rien à vous raconter, je n’ai rien à inventer et rien ne vient. C’est simple. Mais je vous l’avoue, ça me manque… c’est pour ça que je suis là, ce soir, à pianoter sur mon clavier d’ordinateur. Parce que ça me fait du bien que mes doigts claquent sur le clavier pour écrire plutôt que pour créer une séquence, faire des recherches jusqu’à pas d’heures. Pour ceux qui ne le savent pas, je suis professeur de français (depuis peu) et je me donne corps et âme dans mon métier. J’aime ce que je fais et les ados’ me le rendent très bien mais j’ai besoin de me poser et de vous parler. De vous dire que je suis vivante, que je regarde de temps en temps les réseaux sociaux pour avoir quelques nouvelles, que je regarde très peu les informations mais que je regarde pour rester un peu dans la société même si je m’en défais un peu. Parfois, on se perd et on ne se retrouve pas. C’est comme une course d’orientation dans une forêt ; les signes ne sont pas toujours visibles ou alors des oiseaux viennent dévorer les petits bouts de pain qu’on a laissé derrière soi. Il n’y a pas de GPS géo localisant pour se retrouver, pas d’énigmes, pas de réponses, pas d’analyses au laboratoire. Il faut juste du temps… comme à l’époque où les premiers boutons apparaissent, que le son du métal vient perforer les oreilles et que les parents, après tout, ils ne nous comprennent pas. Il faut s’armer de patience, s’asseoir, regarder un peu sa vie qui défile et s’attendre, soi-même, pour siroter un petit thé (ou un verre de vin). Mais il faut attendre.

Alors peut-être que l’écriture va revenir d’elle-même, que l’inspiration va frapper à ma porte une nuit où je dors paisiblement, peut-être même qu’elle viendra frapper à la porte de ma salle de classe sans même que mes élèves ne l’aperçoivent. Peut-être qu’elle reviendra quand je me remettrais sérieusement à la lecture par plaisir et que certaines histoires me toucheront. Peut-être qu’elle reviendra, oui, mais peut-être qu’il faut aussi que je la cherche un peu.

Non classé

Le monde des attaques

A l’heure des ombres sur les murs, un cauchemar
Une ville aux mille bruits et des enfants qui courent
Je marche, slalome entre les passants, main dans la main
des sourires en déferlante, le temps est idéal

Soudain, le ciel s’assombrit – brouillard épais
Je ne vois plus que la main qui me tient
le reste perdu dans l’obscurité
plus rien, le néant, un vent de tempête

Ce ne sont plus les bruits, des explosions
de mille côtés, sifflent les tympans
la main qui me tenait ne me tient plus
seul au milieu du cataclysme

Du rouge à mes pieds et des cris infinis
Je distingue des ombres filantes
chocs, brisures, pertes
Bienvenue dans le monde des attaques

Sans nom.

Billet d'humeur, Passion

Trois ans déjà

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Trois ans déjà. Cela fait trois ans que j’ai décidé de changer du tout au tout au niveau de ma passion de l’écriture. Je suis passée d’une plateforme un peu vieillotte à une plateforme un peu plus moderne, un peu plus adaptée à ma façon de concevoir le concept du blog. Je suis passée de l’anonymat, du pseudonyme à mon vrai prénom, ma vraie identité – au risque parfois d’en subir les conséquences. Je me suis assumée auprès de mon entourage, sans pour autant le crier sur tous les toits : oui j’écris et oui je publie. Mes parents m’ont alerté, ont eu des doutes, ont eu peur. Je l’ai fait sans qu’ils ne le sachent, aujourd’hui ils en ont conscience et en sont fiers. Aujourd’hui, des personnes viennent me complimenter sur ma plume, à la fois par commentaire mais également dans « la vie réelle ». Le blog, en réalité, est devenu partie intégrante de ma vie à partir du moment où je l’ai affiché au grand jour. J’ai fait de très belles rencontres, certaines que j’ai perdu, d’autres qui sont restées. J’ai des lecteurs de longue date, des personnes qui me soutiennent depuis le début, qui me lisent avec assiduité et fidélité. Mais il y a ces lecteurs d’un jour, qui passent par là comme des fantômes sans jamais laisser de traces. Mon écriture a de l’impact quels que soient mes lecteurs : les passionnés de littérature, les amateurs, des femmes, des hommes, ceux qui n’écrivent pas, ceux dont l’écriture est la passion. Une si belle variété qui touche mon cœur, qui me fait aller de l’avant.

Trois ans que je suis ici, que j’écris avant même de concevoir une éventuelle publication. Je ne me contrains jamais à une routine d’écriture ; j’en suis incapable. L’inspiration vient, l’inspiration va – on peut même la détester. Mais si je suis là, parmi vous, parmi ces milliers de blogs, c’est que l’inspiration est mon amie. J’écris non seulement pour moi mais pour vous. Ce que je ressens, vous le ressentez, vous l’avez ressenti, vous allez le sentir. Les sentiments sont universels. Certes ils n’ont pas la même intensité, mais nous vivons tous des moments comparables. Et c’est cela que je veux véhiculer. J’écris pour me libérer, j’écris aussi pour me faire plaisir, j’écris parfois pour réveiller le passé, pour réfléchir, me mettre au point, j’écris pour y voir clair. Et je publie pour partager, pour faire ressentir les sens du monde, pour ajouter ma petite goutte d’espoir là où il n’y a que le brouillard.

Il y a ces doutes, ces impressions de ne plus pouvoir écrire, d’être indifférente aux choses du monde, de ne plus percevoir une seule lueur de beauté dans ce qui m’entoure, que l’inspiration est partie une bonne fois pour toute et le fait mes études prennent toute la place. Il y a la peur que mon texte ne plaise pas, même si cela n’a pas grande importance, de recevoir des remarques désagréables. Après tout, c’est le jeu. Mais vos messages de soutien, votre sympathie à mon égard même si vous ne me connaissez pas, votre compréhension sur mes éventuelles inaptitudes, vos encouragements… Tout ça me permet de voir mon blog comme un espace d’entière liberté – et c’est ce qu’il est. J’aime écrire et j’aime publier – souvent les deux vont ensemble. Je n’écris pas tout, je ne publie pas tout. L’écriture c’est la liberté, elle n’a pas à être enfermée dans des contraintes et j’aurais détesté vivre au 17ème siècle pour cette raison.

Je ne sais pas, je ne connais pas l’avenir de ce blog. Je ne sais pas son importance à vos yeux et ce qu’il vous apporte. Je sais en revanche ce qu’il représente pour moi : un espace de partage, de défouloir un peu brouillon, qui me permet de recueillir des avis, de ne pas me sentir seule devant telle situation. Mon futur métier va certainement me contraindre à repasser à l’anonymat ou à supprimer mon blog – de tout arrêter. Je ne sais pas.

Mais en attendant, je vous remercie pour ces trois belles années où vous avez été attentifs, attendrissants, compréhensifs. Vous êtes des perles – et des lecteurs en or. Merci, pour tout.

Billet d'humeur, Espoir

Il faut sourire

54-365

Et même s’il y a la fatigue, les idées noires, le brouillard parfois sur la route, les gens qui bousculent, le trajet du soir pour rentrer chez soi, le bruit de la ville, les mauvaises notes, les doutes et les incertitudes, l’impression de plus pouvoir réussir, de ne plus avancer, de faire du sur-place.

Et même s’il y a les disputes, les incompréhensions, les cris et les larmes, les portes qui claquent, les repas dans le silence, l’indifférence qui détruit, les mots qui brûlent comme des cigarettes sur la peau, les adieux, les larmes volcaniques.

Et même s’il y a les illusions, les désillusions, l’impression de tout perdre en un claquement de doigts, l’impression de n’être plus rien, d’être seul au milieu de l’immensité, de se sentir écrasé par le poids du monde, par un ciel trop gris.

Et même s’il y a ces patrons trop cons, les élèves qui n’écoutent pas, les gamins qui hurlent, les responsabilités d’adulte que l’on prend mais qui ne tiennent pas, les claques du passé, les fantômes, les envies de partir loin, de s’exiler.

Et même si nous trébuchons, si nous perdons pieds, si notre visage se retrouve plaqué contre le sol. Même si certaines personnes changent, nous tournent le dos, nous poussent loin d’eux, nous expulsent de leurs vies.

Et même s’il y a des guerres dans les quatre coins de monde, si cette femme voilée se fait insulter par les passants, même si une femme ne peut pas sortir seule dans la rue habillée comme elle souhaite sans recevoir de remarques, même si la religion est une honte plutôt qu’un espoir, même s’il y a des enfants qui crèvent, même si des gens couchent sous des ponts.

Et même s’il y a ces amalgames, même si des êtres humains ne peuvent pas vivre leur amour comme ils l’entendent, même si l’on s’insulte à tort et à travers, même si la glace ne cesse de fondre, même si le monde finit par s’écrouler.

Même s’il y a tout ça, il faut sourire ; car le sourire, quoiqu’on en dise, est la meilleure façon de s’armer contre un quotidien trop pesant. Ne jamais perdre espoir, tout renaît de ses cendres.

Photo by  camilleaublet.tumblr.com