Billet d'humeur, Espoir

Les mille couleurs du ciel

Assise devant son clavier, elle était partie pour écrire sur le monde et les situations dans lesquelles le chaos médiatique nous plonge de plus en plus, jusqu’au cou. Mais ses mots n’avaient aucune saveur, aucune force et, presque même, aucun espoir. Elle prône l’espoir comme une évidence, ne sachant plus très bien si cette notion est encore d’actualité. « Vivre avec son temps ». Si tel est le cas, il faut avoir peur. Ayez peur, chers citoyens de la patrie, chers citoyens du monde. Elle et tous les autres commencent à percevoir l’idée pour laquelle ils prennent les humains pour des idiots.

Vous connaissez cette phrase que nous avons tous dit un jour « Ne me prends pas par les sentiments »? Ou encore « Tu joues avec mes sentiments »? N’est-ce pas ce qu’ils sont en train de faire, les gens de là-haut, ces gens qui se sentent supérieurs puisqu’ils prétendent parler au nom d’un peuple? Le pathos, à longueur de journée, sur ces chaînes de télévision qui vous noient, qui vous asphyxient petit à petit, jusqu’à vous laisser seul, même entouré, sur votre pauvre canapé délabré.

Éteignez vos télévisions, rangez un peu vos téléphones, respirez l’air du dehors. Depuis combien de temps la saveur d’un petit rayon de soleil n’a-t-il pas fait frétiller vos peaux? Depuis combien de temps n’avez-vous pas senti la mousse verte et fraîche doucement câlinée par le tronc d’un arbre? Depuis combien de temps n’avez-vous pas profiter de l’instant avec vos amis, votre famille ou votre amour?

Vous n’avez plus le temps parce que votre cerveau est ailleurs. Ils nous prennent par les sentiments, ils jouent avec nos peurs absolues. La réalité devient cauchemar pour peu que nous y pensions à chaque instant. Alors sortez prendre l’air, marcher un peu, découvrir le monde et ses mille couleurs dans le ciel. Si cet entonnoir, placé tout droit dans vos oreilles, vous fait mal : retirez-le.

Billet d'humeur, Espoir

Mutation

Non, non, je ne suis pas un Xmen. Je suis une jeune professeure-stagiaire mutée dans une Académie que je n’ai pas souhaité. Toutes les émotions ont pris place en moi : les larmes, la colère, l’assurance, le désarroi, les doutes, la peur, l’indifférence, le déni… Aujourd’hui, la seule phrase qui me vient en tête et résonne comme une douce mélodie qui apaise les mœurs n’est autre que « Advienne que pourra ». J’ai pris conscience que l’on ne devient pas professeur pour un type particulier d’élève. Il n’y a pas que de bons élèves. Fort heureusement? Si l’on devient professeur, c’est soit par passion, soit par faute de mieux. Pour ma part, je suis devenue professeure par passion pour la littérature. S’est ensuite greffé le besoin d’aider le plus jeune, de le faire avancer, évoluer. Et enfin, cette nécessité que je ressens de dialoguer avec autrui, de penser au mot « communauté » que les temps délaissent petit à petit, cette chaleur qui émane au fond de moi et qui dit « Seul, c’est difficile. A plusieurs, c’est difficile, mais surmontable ».

Je suis peut-être envoyée dans une Académie que je ne souhaitais pas, qui n’était pas dans mes plans, à laquelle je ne trouve pour l’instant que très peu d’attaches. Je serai peut-être confrontée à des élèves en difficulté, qui ressentent de le besoin de fuir loin de ce cadre scolaire qui les oppresse. Oui, peut-être ! Mais je ne suis pas devenue professeur pour créer une élite : je suis professeur pour tous.

Je veux faire lire, faire apprendre, faire comprendre. Je ne veux pas créer des robots ; les humains ont des organes qui battent très fort et qui ont besoin d’assez de sang pour battre encore plus fort. Je veux défendre le groupe, la communauté, je ne veux pas d’individualisme, ou très peu. Je veux apporter mon soutien, je veux être là au bon moment, me sentir à ma place et recevoir quelques sourires… Je veux faire évoluer, je veux faire muter les capacités. Vous pensez que c’est un rêve de débutant? Si des personnes ont abandonné ces idées, c’est qu’elles n’étaient pas prêtes à les assumer.

Et moi : j’assume.

Espoir

Je vous souhaite

Je vous souhaite des sourires à n’en plus finir.
Je vous souhaite des projets dans votre avenir.
Je vous souhaite des lectures qui font le coeur s’émouvoir.
Je vous souhaite d’écrire toutes vos histoires.

Je vous souhaite mille étincelles.
Je vous souhaite de briller sous un ciel plein d’étoiles.
Je vous souhaite d’être aimés et d’aimer en retour.
Je vous souhaite de vous armer d’amitié contre l’hypocrisie.

Je vous souhaite de voyager dans des lignes infinis.
Je vous souhaite de vivre comme vous en avez l’envie.
Je vous souhaite un milliard d’éclaircies à travers le brouillard.
Je vous souhaite une main qui vous cherche dans le noir.

Je vous souhaite à tous, à toutes, une très belle année 2017.

Chute, Espoir

Saute

Pas besoin de punching-ball pour calmer mes pensées. Mes mots seront mes coups de poing, la page, mon défouloir.
– septembre 2015

Un an. C’est long, un an. Il peut se passer diverses choses, des bonnes comme des mauvaises. Un an. Qu’il est parti, qu’il a foutu le camp de ma vie, que, du jour au lendemain, je me suis retrouvée à cuver dans mes propres larmes et à tenter de les éponger. Un an. Nous passons tous par là, un jour ou un soir d’automne, où les feuilles commencent à tomber et qu’elles craquent sous les pieds. Nous recevrons tous ce message qui nous dit « J’ai pris ma décision » et qui balance des coups électriques dans les veines jusqu’à atteindre le coeur. Et ce regard que l’on jette dans le vide pour trouver une réponse, un espoir, un je-ne-sais-quoi qui ferait que tout cela n’est qu’un cauchemar. Un an. Je pensais que la vie ne pouvait pas continuer sans lui, que l’amour c’est comme la mort, une fois seul il n’y a plus rien. Que c’est fini, pour de bon, lui, nous, surtout moi. Mes ailes se sont brisées, mes mains ont touchées le sol et pourtant, non, la vie ne s’est pas arrêtée. Elle a accélérée comme pour me dire « debout, y a tout un monde qui vit et qui n’attend que toi ». Alors je me suis levée, j’ai regardé ce monde qui tournoyait et j’ai sauté dans le wagon. Dans ce wagon, des gens formidables m’attendaient sagement, sirotant quelques bières, les sourires aux lèvres. Je me suis assise, j’ai essuyé mes larmes puis une personne les a essuyé pour moi, m’a pris la main et ne l’a jamais lâché depuis. Il a dû utiliser de la colle forte pour que ma main ne s’enfuit pas, cette sorte de colle qui vous fait sentir important dès l’aube. Vous savez, ce moment où le soleil pointe le bout de son nez. Les couleurs y sont magnifiques… c’est celles que je vois, chaque matin, en regardant son visage et en dansant avec mes amis. J’ai bien fait de sauter dans ce wagon sinon je serai toujours à quai. Et c’est triste, de rester sur le quai et d’attendre que l’autre revienne. Il ne reviendra pas alors saute, vit, pleure, ramasse-toi et rigole un bon coup. La vie ne s’est pas arrêtée non, elle a pris un nouveau sens.

Billet d'humeur, Espoir

Il faut sourire

54-365

Et même s’il y a la fatigue, les idées noires, le brouillard parfois sur la route, les gens qui bousculent, le trajet du soir pour rentrer chez soi, le bruit de la ville, les mauvaises notes, les doutes et les incertitudes, l’impression de plus pouvoir réussir, de ne plus avancer, de faire du sur-place.

Et même s’il y a les disputes, les incompréhensions, les cris et les larmes, les portes qui claquent, les repas dans le silence, l’indifférence qui détruit, les mots qui brûlent comme des cigarettes sur la peau, les adieux, les larmes volcaniques.

Et même s’il y a les illusions, les désillusions, l’impression de tout perdre en un claquement de doigts, l’impression de n’être plus rien, d’être seul au milieu de l’immensité, de se sentir écrasé par le poids du monde, par un ciel trop gris.

Et même s’il y a ces patrons trop cons, les élèves qui n’écoutent pas, les gamins qui hurlent, les responsabilités d’adulte que l’on prend mais qui ne tiennent pas, les claques du passé, les fantômes, les envies de partir loin, de s’exiler.

Et même si nous trébuchons, si nous perdons pieds, si notre visage se retrouve plaqué contre le sol. Même si certaines personnes changent, nous tournent le dos, nous poussent loin d’eux, nous expulsent de leurs vies.

Et même s’il y a des guerres dans les quatre coins de monde, si cette femme voilée se fait insulter par les passants, même si une femme ne peut pas sortir seule dans la rue habillée comme elle souhaite sans recevoir de remarques, même si la religion est une honte plutôt qu’un espoir, même s’il y a des enfants qui crèvent, même si des gens couchent sous des ponts.

Et même s’il y a ces amalgames, même si des êtres humains ne peuvent pas vivre leur amour comme ils l’entendent, même si l’on s’insulte à tort et à travers, même si la glace ne cesse de fondre, même si le monde finit par s’écrouler.

Même s’il y a tout ça, il faut sourire ; car le sourire, quoiqu’on en dise, est la meilleure façon de s’armer contre un quotidien trop pesant. Ne jamais perdre espoir, tout renaît de ses cendres.

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