Ce qui me rend heureuse

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Il y a des années, j’avais créé une liste avec cent tirets pour répertorier les choses qui me rendaient heureuse. Aujourd’hui, j’ai grandi et mûri, je n’ai plus le même regard sur ma vie. J’ai été surprise ce matin en ouvrant un réseau social qui me demandait naïvement « Qu’est-ce qui vous rend heureuse? ». Bien consciente de l’inutilité d’une telle question sur un réseau où les gens racontent tout et n’importe quoi, je me suis souvenu de cette liste préhistorique qui, je le pense encore, m’aidait à affronter les rochers de la vie. A l’heure où les doutes, le stress et les remises en question frappent à ma porte, je me laisse porter par les vents du bonheur…

Ce qui me rend heureuse…

Les souvenirs que je partage avec mes deux soeurs qui ont toujours été là dans les bons comme dans les mauvais moments, de ces rires qui ont résonné et qui résonnent encore, de ces larmes séchées à mainte reprise d’un revers de la main, de ces soirées où nous étions posées sur un lit, racontant chacune notre tour les petits déboires de la vie. Elles ont toujours su me tenir fermement la main  pour me faire aller de l’avant.

Le soleil, le matin, qui caresse de ses rayons les draps de l’amour. Ce visage posé près du mien à plusieurs reprises, que je contemple et qui me fascine de jour en jour. Cette main qui emboîte la mienne comme le puzzle parfait d’une union simple et bienveillante. Ces pas qui résonnent près des miens comme pour me dire « nous sommes ton ombre et nous veillons sur toi ». C’est l’amour, après tout, cela qui me faisait si peur et qui aujourd’hui me réchauffe le coeur.

Les nombreux souvenirs de mes parents me tenant tête, me refusant de faire ce que je voulais, me laissant pleurer toutes les larmes de mon corps… pour mieux me relever. Leur éducation et leur amour qui ont su me faire avancer à travers les obstacles, qui ont su révéler celle que j’étais, celle que je suis. Ce sont les larmes de ma mère, de peine et de joie, de crainte et de rire, qui m’ont toujours fait atrocement mal mais qui me montraient combien elle était forte, combien elle l’est encore. C’est l’amour fort, brut et aux concessions difficiles qui unie ma mère et mon deuxième papa. C’est ma réconciliation avec mon père, les larmes et les fous rires, les passions partagées et le coeur qui bat pour ce parent qui m’a toujours donné son amour.

Mes grands parents et la chance de les avoir encore près de moi, de pouvoir écouter les petites histoires de mon grand-père, de pouvoir entendre le rire de ma grand-mère, mes véritables berceuses.

Les souvenirs incalculables de tant d’années d’amitié avec mon âme soeur, ma soeur, ma moitié. Et cette réconciliation inattendue, de celle que l’on pense impossible, de celle qui vous lance une bouée quand vous n’êtes qu’un homme à la mer. Une amitié solide, sans non dits, avec transparence et soutien mutuel. L’amitié sont les ailes qui remplacent vos ailes brûlées.

Mes livres, mon univers, mes lectures, mes dessins, mes carnets, l’ambiance de mon appartement.

Les retrouvailles, à chaque vacances scolaires, avec mon petit frère.

Mes élèves qui me disent « C’est déjà fini? », « Vous venez avec nous à la sortie? Allez, s’il vous plaît! », « Je peux vous parler Madame? »… Le socle solide de toutes les fondations de ma carrière de professeur.

Les souvenirs de mes années de licence passées entre les bouquins à lire, l’intelligence de mes professeurs et, surtout, auprès de mes camarades de lettres, d’écriture, mes amis artistes. Que je salue. Qui m’ont beaucoup appris. Avec qui j’ai beaucoup partagé.

La musique et tout ce qu’elle sait transmettre, à fond dans ma voiture ou à fond dans mes oreilles.

Les soirées à déguster de bons vins avec mes camarades et amis jeunes professeurs. A la notre, les amis!

… Comme je l’écrivais il y a des années : « Marcher sans regarder mes pieds ». Cette phrase qui m’avait fait rigoler quand je l’avais écrite mais qui n’a jamais résonné aussi fort en moi. Lever la tête. Laisser pointer le soleil par delà le brouillard. S’accrocher.

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Camillou dit :

    Et moi, j’aime te voir heureuse. J’aimerais le voir plus souvent, ton sourire ou entendre ton rire. Ta petite voix qui part dans les aigus lorsque tu es outrée, choquée, excitée, ravie. Ton visage qui s’illumine devant un livre, Baudelaire, ou à l’évocation de ton petit frère. Tes petites épaules qui supportent beaucoup. J’ai préféré raccourcir, j’ai beaucoup à faire malheureusement…
    C’est vraiment un très beau texte. Il me renvoie directement à Je me souviens de Perec, où il évoque des souvenirs sortis des tréfonds de sa mémoire. Un surgissement… comme ce surgissement de bonheur que tu partages avec tes lecteurs.
    Tu me manques mais je suis ravie de te voir t’épanouir depuis tant de temps dans ce que tu fais. Bref… du love et beaucoup de love.

    Ta Camillou

    1. Orlane Astrid dit :

      Je t’aime, mille fois, je t’aime. Hâte de partager de nouvelles choses avec toi, de créer et de vivre de nouveaux souvenirs, et surtout… Surtout… Rire, à en avoir les larmes aux yeux.

Philosophez :

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