Billet d'humeur, Nostalgie

Le poids de l’Histoire

je-suis-un-pacifiste-mais-cette-guerre-la-etait-juste-john-g-morris-directeur-photo,M153064Photographie de John Morris 

L’Histoire est un vaste mot, avec une certaine puissance qui n’a pas le même impact sur tout le monde. L’endroit où l’on peut constater ce curieux phénomène n’est autre que dans l’enceinte d’un musée. Quel qu’en soit le sujet, quelle qu’en soit la période ou les drames arrivés, l’Histoire est bel et bien présente, le passé est lointain, lourd pour certain, trop éloigné pour d’autres.

Il y a ces mains qui tremblent et le souvenir de la guerre, de ces corps étendus des camarades comme s’ils étaient toujours là, à terre, sur le sol rouge et usé du musée.

Il y a ces yeux qui brillent, qui luisent au souvenir de ce proche, de ce héros perdu au combat, qui a donné son sang, sa force et son courage à sa patrie.

Il y a ces personnes âgés qui regoûtent une nouvelle fois à l’après-guerre, celui qui a certainement meurtrie leurs enfances.

Il y a ces passionnés qui lisent tout, de A à Z, en ne manquant pas un seul mot, ni même aucune image qui se présentent sous leurs yeux.

Il y a ces parents, fiers d’enseigner à leurs enfants et fiers, peut-être, de cette impression qu’ils ont de transmettre la valeur de l’Histoire.

Il y a ces jeunes, ces adolescents, répartis en deux catégories. Les émus et les je-m’en-foutistes.

Il y a ces adorables bambins courant en tout sens, touchant aux engins sans connaître leur principal rôle : celui d’infliger la mort et d’installer la terreur dans les cœurs et les esprits.

Il y a ce môme qui, en sortant du musée, vous regarde droit dans les yeux et vous annonce : « C’était tellement beau que j’ai failli avoir les larmes dans les yeux« .

Il y a ces trois sœurs qui, les yeux larmoyants, se tiennent les mains pour affronter le fantôme toujours présent de leur père, mort au combat. Et cette femme qui ose demander, pour la première fois, des informations sur son père britannique, mort au combat.

Il y a cet enfant qui, du haut de ses sept ans, demande à son père : « Ce sont des vrais chars? », comme si le passé n’était pas réel, comme si tout n’était qu’illusion, que toute matière avait disparue.

Et il y a moi, qui regarde ce monde qui, lui-même, regarde l’Histoire. C’est à la fois beau et laid. Je ne sais si je dois en rire ou en pleurer. Je ne sais si je dois garder la tête haute tournée vers le futur, ou simplement m’arrêter pour regarder le passé. Et je pense, tout simplement, que les choses se sont déroulées, se déroulent et se dérouleront car cela doit se passer comme ça.

Et tout cela démontre que le poids de l’Histoire n’est identique dans aucun des cœurs.

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4 thoughts on “Le poids de l’Histoire”

  1. Vous ne le trouvez pas terrible ? On appel cela de la modestie ! Il est très bien rédigé. L’écriture est fluide, la description de vos observations est très ciselée et les quelques anecdotes émouvantes, une émotion accentuée par la manière dont vous les transcrivez et qui laisse paraitre une certaine sensibilité. Vous avez du talent ! Continuez ainsi.

  2. Que c’est bon de retrouver tes mots Orlane. Oui nous avons chacun un regard différent sur l’histoire en fonction de notre vécu, de nos souvenirs, du souvenir de nos proches et de notre ressenti. Les enfants gardent leur innocence face à ce qui nous, nous chamboule. Tu décrit avec justesse le regard de chacun. Merci!

Philosophez :

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