Nostalgie, Passion, Romantisme

Brûlure éternelle

187Je me suis brûlé la peau, ce matin, avec ma cigarette. Je me suis souvenu comment certaines douleurs font mal, à quel point certains mots peuvent nous brûler si fort qu’ils nous laissent des séquelles infinies. J’ai fini par mourir de tes paroles, elles étaient mes assassins. Ton amour d’un jour et ta haine de tous les jours, je n’ai jamais pu le supporter. Cette cicatrice sur ma main me rappelle la façon dont tu m’as laissé, moi et mon pauvre petit cœur, sur le bord d’un chemin dont je n’ai jamais été le compagnon de route. Une passante, voilà ce que tu étais. Mais une passante qui, malgré le temps, reste gravée dans cette chose qui me sert de coeur, me dit-on. C’est à savoir qui me faisait le plus de mal : toi et ta chevelure orangée, ou ce train qui t’emportait chaque fois vers un ailleurs qui ne m’était pas destiné.

C’que t’étais belle dans cette robe d’été, celle qui ne te moulait pas trop, juste assez pour entrevoir ton corps et tes formes généreuses. Elle était à pois, dans mes souvenirs, rouge et blanche. Tes escarpins te donnaient cet air sérieux, celui qui te correspondait parfaitement. C’que t’étais belle avec ta cigarette dans une main, un livre de l’autre et ces lunettes de soleil qui pendaient au bout de ton nez. Si j’avais été photographe, j’en aurai fait une exposition entière, de cette image. Si j’avais été un peintre, j’aurai peint jusqu’à ce que mes yeux ne puissent plus discerner les couleurs. Et si j’avais été écrivain, ce que je tente de devenir par tous les moyens possibles, tu aurais été mon plus beau personnage, le centre de mon roman comme tu as été le centre de ma vie.

Depuis que tu n’es plus là, les mots se sont envolés de mes pages et l’encre de mon stylo n’est plus si noire, presque transparente. Je pense que tu as emporté mon coeur vers d’autres contrées. S’il te plaît, envoie-le moi par la poste, car mon cerveau se meurt de trop te penser.

Je suis l’homme sans mots. 

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19 thoughts on “Brûlure éternelle”

  1. Punaiiiiise quel beau et bon texte ! J’aime beaucoup ! Non, j’adore. Vraiment. Et il y a certaines tournures que j’aime particulièrement, qui donnent l’impression d’écouter un homme parler, plutôt que de le lire. Comme les « c’que t’étais belle » et le « si j’avais été écrivain, ce que je tente de devenir par tous les moyens », j’adore. Encore bien joué mon chat pour ce texte que j’aime énormément !

  2. Je suis tombé sous le charme de ce texte au premiers mots. J’ai toujours adoré tes textes depuis la première fois que j’ai eu la chance de les lire. Et voila, celui vient s’ajouter à la liste. J’adore. Tout nous transmet des émotions, à tel point que l’on se reconnait dans ce texte. Chacun à ses brûlures et sait-on combien sont causées par l’absence d’une personne… Magnifique, comme toujours.

    1. Que mes lecteurs se reconnaissent dans mes textes est toujours pour moi une très belle récompense car ça prouve que j’arrive à retranscrire des sentiments, peut-être pas à la perfection, mais le plus simple possible. Je te remercie énormément pour tout le soutien que tu m’apportes. Je ne sais plus depuis combien de temps tu me suis et que tu lis mes textes, mais j’ai l’impression que tu as toujours été là pour me soutenir. Merci à toi d’être une fidèle lectrice, c’est ainsi que l’envie persiste, pour moi, de publier mes textes.

      Chacun a ses brûlures, comme tu dis, que ce soit ou non causé par un amour. Les brûlures cessent, du moins la douleur, car les cicatrices sont toujours là malgré le temps. Mes textes ne sont jamais trop optimistes, mais je crois en l’évolution des sentiments. On n’oublie jamais, mais on apprend à vivre avec.

      Merci encore… ♥

  3. belle performance pleine de maturité qui , plus est, ajoute la performance d’être écrite au masculin, y compris dans l’approche « psychologique »

  4. Je vous lis en toute discrétion depuis plusieurs mois. Je suis fasciné! Lire chaque mots de ta plume est incarner un personnage et découvrir une nouvelle version du monde, c’est magique! Grand merci, Orlane.

    1. Je te remercie du plus profond de mon coeur car ton commentaire me touche énormément. C’est toujours un bonheur pour moi de voir que mon écriture plaît aux autres, car après que ce soit une satisfaction personnelle, c’est aussi faire plaisir aux autres. Merci infiniment.

      1. Tu nous remercie en écrivant ces mots. Je devais vraiment te faire pars de mes ressentis, et l’envie que tu crée chez moi, l’envie débordante d’écrire. Je lis et lis encore ta plume. Grand merci. Si tu as des conseils pour l’écriture, je suis preneur! *-*

      2. Il n’y a pas de « conseils » à donner car chacun alimente sa propre écriture car chaque style est différent. Tout ce que je peux te dire, c’est de ne jamais refouler tes mots ; s’ils viennent à toi, n’hésite pas à les écrire car ils s’envoleront peut-être pour toujours. D’où l’importance de tenir un carnet (ou plusieurs comme dans mon cas). L’écriture c’est suivre son coeur, je ne vois pas d’autres conseils à te donner. Tu écris pour toi.

Philosophez :

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