Carpe diem

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J’ai essayé d’être heureux là où j’étais. De me contenter de ce que j’avais, des paysages qui défilaient chaque jour devant mes yeux. Mais mon esprit était ailleurs ; assez loin pour ne plus m’entendre. Mon cœur, lui, était l’aimant de l’inconnu. Je ressentais ce besoin de fuir. Mais je ne saurais jamais dire quoi. Fuir mon quotidien, la lassitude, l’incompréhension, mes sentiments, ma colère, mon université, les cours, les examens. Fuir un peu de tout. Il fallait partir, c’était devenu une nécessité.

Un beau jour, les pieds dans un lac, je contemplais ce que j’appelais l’inconnu. Ce que je nommais le voyage initiatique d’une vie. Je n’avais pas besoin de grand chose : un carnet, un crayon, et mon imagination.

Le souvenir des voitures, du tram, des gens rapides qui se bousculent, des gamins qui crient, des bus, des cours, des soirées, de l’alcool, des cigarettes… tout ça, c’était avant.

Et si ce que je fuyais… c’était moi-même? Si ce quotidien n’était qu’un reflet? Un peu trop rapide en allure et tellement insignifiant? Sartre a écrit que « l’enfer c’est les autres » ; mais notre pire ennemi se trouve en nous-même. L’enfer c’est nous, c’est moi. C’est vous tous, à l’intérieur de vos cœurs, de vos âmes, au plus profond de cette peau qui, dirons-nous, n’est qu’un barrage à votre sensibilité. C’est si facile de vivre, de marcher, de regarder les mêmes choses, de se confiner dans un petit confort et de ressasser chaque jour, chaque minute les mêmes choses. Mais c’est triste. Si triste que je n’ai qu’une envie : partir, loin, très loin. Là où même les yeux d’un parfait voyant ne me verraient pas. Là où Dieu n’aurait pas d’impact sur ma vie. Vivre reclus, solitaire, me promener et comprendre, enfin, le sens de la vraie vie.

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Camillou dit :

    Non mais excellent !
    Je vois tout à fait ce texte en introduction de film. En voix off. Un super film tu sais, l’histoire d’un mec qui décide de tout abandonner (un peu à la into the wild)(mais qui fini mieux, p’tete?) et qui ne vit que de ses nécessités (l’écriture, la nature, etc)…

    (OK IDEE DE MALADE. FAUT QU’ON TESTE.)
    Bref tout ça pour te dire que j’adore ce texte (que je classe facile dans mes préférés heheh) et qu’il m’a porté un peu. Continues sur cette voie !

    1. Je n’avais pas vu ça de cette façon ! Mais maintenant que tu le dis, je pense que ça pourrait faire un peu « into the wild » oui !

      Merci poto ♥♥

Philosophez :

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