Nostalgie

Le cendrier

Texte fictif, correspondant parfaitement à cette seconde matinée d'automne,
accompagnée d'une tasse de thé et d'un bon livre baudelairien.

large

Quand la fumée de ma cigarette danse sous mes yeux, elle semble écrire tous les mots que je n’ai jamais su écrire. Elle a l’air de me dire « Tu n’es qu’une passante dans ce monde, d’autres prendront ta place, au même endroit où tu te trouves, en panne d’inspiration, fumant une dernière cigarette pour oublier les tracas de la vie ». Elle devient ma meilleure amie dans les pires moments du temps, et les secondes ont l’air de s’arrêter lorsque je sens cette fumée noircie caresser mes petits poumons fragiles. C’est la chaleur qu’il manque à mes jours, comme un soleil d’été qui vient éblouir tout le néant de mon corps. Comme à chaque amitié correspondent des trahisons, la fumée me fera mourir aussi vite qu’elle est entrée en moi. Je n’implorerai pas la vie de me laisser poursuivre mon chemin, je laisserai faire ce qu’il y a à faire, certainement pas avec le sourire, mais j’assumerai. Ecrire équivaut à fumer. Lorsque l’inspiration n’est plus là, on s’effondre, le cœur s’arrête de battre en regardant cette feuille blanche, inutile, posée à côté d’un stylo noir sur un bureau blanc. Quand la couleur du ciel ne nous atteint plus, quand la douceur des parfums de campagne n’exalte plus notre cerveau, quand les feuilles qui tombent et le vent qui souffle ne nous procurent aucune sensation, c’est comme écraser la cigarette dans le cendrier. C’est fini.

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Petit bonus : le texte écrit avec ma belle machine à écrire. 

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10 thoughts on “Le cendrier”

  1. Court mais parfait ! Ce texte se lit vite et en chanson (oui moi j’lis toujours tes écrits avec un petit air dans la tête) et j’aime beaucoup la noirceur qui s’en dégage.
    La clope c’est MAUVAISSSSSSS

  2. Où as-tu acheté ta machine à écrire? J’en cherche une depuis un moment et je n’arrive pas à trouver!
    Et ton texte est très véridique; le syndrome de la page blanche quand on souhaite éperdument écrire est la pire sensation qui soit.

  3. Très belle comparaison je trouve. Nous nous sommes tous retrouvés un jour ou l’autre devant cette page blanche, incapables de faire un pas dans le vide, pétrifiés de stupeur de ne pouvoir écrire.

Philosophez :

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