Romantisme

Les âmes jumelles

Un retour à la campagne, chez mes parents, et l'inspiration fuse.

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Main dans la main, yeux dans les yeux il était presque inutile d’y ajouter un mot. Ce tableau trop romantique aux yeux du monde était splendide, inattendu, hasardeux, comme un cadeau tombé du ciel. Sur ce toit, surplombant la ville des lumières, notre beau Paris, ils s’étaient retrouvés, tous deux comme de jeunes adolescents, comme autrefois. Les joues rouges de gêne, elle rigolait sans cesse, racontait un tas de bêtises, évitant de parler de sa vie, de la vie réelle, celle qui l’attendrait demain au petit matin. Il l’écoutait, souvent trop car il ne répondait pas. Submergé par autant de beauté, il s’était perdu dans les yeux de celle qu’il n’a jamais cesser d’aimer. Cet homme le savait : elle était revenue, elle était de nouveau là sous ses yeux mais il sentait qu’elle ne resterait pas. Ces images parcouraient son esprit et le temps d’un sourire, envolées. Il priait pour que les secondes soient des heures, pour que le temps qui restait ne coule jamais dans les mains du passé. Ils voulaient rester là, tout deux, sans s’expliquer, ni même vraiment parler car les mots, finalement, ne signifiaient plus rien. C’était fini le temps des belles paroles, des webcams tard le soir, des appels téléphoniques jusqu’à l’aube. Du passé, tout simplement. Les fleurs ont fanées, les feuilles sont tombées, la neige a parcouru plus de quatre fois le sol de Paris, le soleil du printemps la fait fondre, et tout renaît. Tout, même l’amour? Cet amour n’avait jamais disparu, ce n’est pas comme quelque chose que l’on perd et que l’on ne retrouve jamais même en se tirant les cheveux, en pleurant, en cherchant partout, dans les moindres coins de la pièce. Cet amour là était unique, inexplicable. C’était encré sur leurs peaux comme le plus beau tatouage de leurs vies. Leur amour était devenu un parfum, un regard, des rires, des incompréhensions, de la passion. Tout cela s’était propagé un peu partout dans le monde, c’est ce qu’elle disait, et ils partageaient ce qu’ils n’avait jamais réussi à construire avec les autres. Peut-être qu’ils en feraient bon usage quand eux avaient échoué. « Les navires échoués se ramassent à la pelle » comme chante Damien Saez, et ce soir ils étaient ces navires échoués. L’un en face de l’autre, l’eau aurait très bien pu monter jusqu’à leurs bouches, noyés auraient-ils été, qu’ils n’auraient rien remarqué. Tout se passait dans le regard. Dans deux bleues assez différents, pleins de nuances, de mots non dits, d’années passées et de maturité gagnée. Leurs souvenirs avaient été tentés d’être effacer, mais les sentiments demeurent dans une partie infime du coeur, qu’aucune science ne pourrait jamais desceller. C’était leur choix de caser cet amour dans ce trou paumé pour ne plus jamais y toucher. 

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Mais ce soir là, sous une pluie d’étoiles, deux âmes jumelles s’étaient retrouvées. Ni Dieu, ni les autres n‘auraient pu changer cet hasard profond. Celui qu’ils n’attendaient plus. L’issue de cette histoire ni vous, ni le monde, ni même eux ne peuvent la connaître. Il faut simplement la remettre dans les mains du futur et de l’ignorance. Et attendre, patiemment.

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24 thoughts on “Les âmes jumelles”

  1. C’est superbe, vraiment.
    J’ai juste remarqué que tu avais écrit « tout deux » et il me semble que c’est « tous deux »… ? Peut-être que je me trompe… A part ça, j’aime beaucoup ! 🙂

      1. C’est effectivement « tous deux » car dis toi que « tous LES deux »… 😉
        Je t’ai pas donné mon avis sur ce texte mais je l’aime beaucoup. Il résonne, on attrape quelques lignes pour s’imaginer la situation et les sentiments, la détresse des deux protagonistes qui savent que ça ne durera pas. Et que ça ne durera plus jamais.
        T’as trouvé, comme d’hab, les bons mots Orly!

      2. Merci, je m’en doutais que tu aimerais ce texte ! Et merci aussi pour la correction 😉
        Tu penses que c’est « tout droits reservés » ou « tous »?

  2. Tu as raison, ça m’a intéressé… C’est très perturbant, ça me rappelle quelque chose que j’ai moi-même vécu. Les hasards de la vie ! Très joli texte, en tout cas

  3. Salut.
    J’ai épluchée tout le contenue de ton wordpress pour y trouver une adresse mail où pouvoir te contacter mais en vain, donc je me résigne à le faire en commentaire en espérant que ça ne te dérange pas ahah.
    J’ai reçu un mail de la part de wordpress pour m’informer que tu me suivais, sa peut paraître anodin pour toi ou peut-être rien mais sa me touche réellement lol.
    Vraiment, sa me fait super plaisir qu’un auteur tel que ta personne me « suive ».

    1. Oh ! Ton message me touche, mais je ne suis pas si importante que ça haha. Mais ça me fait plaisir. Si je te suis c’est qu’il y a bien une raison, ton blog me plaît beaucoup alors pourquoi ne pas m’abonner pour connaître les nouveautés? Voilà, tu as le pourquoi de mon abonnement et je te souhaite une très bonne continuation 🙂

  4. Ce texte m’a tout simplement mis les larmes aux yeux .. Il est simplement magnifique et je pense que le mot est faible. Je me suis imaginée dans chacune de ces lignes. A vrai dire, ce que tu décris ici serait un peu comme un rêve pour moi et le temps d’un instant, je me suis évadée au travers de tes mots ! Merci beaucoup.

  5. Ce texte est tout simplement magnifique. Je suis tombée par hasard ici et je dois te dire que je suis agréablement surprise. Ta plume est vraiment superbe.
    Bonne soirée

Philosophez :

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