« Et plus je te perdais de vue… »

Il y a toujours des moments où, quoique l'on fasse, l'inspiration n'est plus de notre côté. J'expliquerai cela par le fait que je suis épanouie, que je n'ai pas grand chose à écrire, à dire car... je me sens bien. Si bien qu'une idée m'est venu : demander à mes followers de me donner un quelconque début de phrase (tiré de leur esprit ou non), afin que je puisse écrire une suite. J'ai choisi "Et plus je te perdais de vue", voyons ce que ça donne.

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Et plus je te perdais de vue…
___plus la vie m’apparaissait triste, maussade, sans but, comme un arrière goût amer d’une incapacité de subsister sans toi. Le soleil à mes yeux n’existait pas, je ne le trouvais que dans les tiens, étincelant, rayonnant comme une évidence. Je m’y perdais comme on se perd dans une horizon sans fin. Toutes ces phrases décoratives, presque romantiques aux yeux des femmes, les faisant tomber aux pieds des hommes comme des feuilles d’automne… mais toi qui, lorsque j’y pensais, t’es enfuie de ma vie à la vitesse du train Nord/Sud. Tu avais toujours été, dans le fin fond de mon coeur, la petite plume qu’il fallait à la lourdeur de mon quotidien. Aujourd’hui, tu es le plomb, les pierres qui alourdissent chaque jour le sac de notre passé que je porte sur le dos. J’avais les yeux embués de larmes quand je repensais à ton visage collé aux miens, cette nuit d’été. Les fenêtres ouvertes et nos deux corps nus, allongés sur ce vieux lit d’hôtel. J’entendais la mer et j’entendais ton souffle. Le son mélodieux de ta respiration était la plus belle chanson jamais composée, triomphant sur Mozart, Chopin et d’autres. Comme ton visage ou la plus belle de toutes les peintures, tes cheveux comme la plus belle des couleurs, ta peau comme la plus belle des matières… tout en toi m’était somptuosité, rareté, inabordable. J’étais fou, fou amoureux de toi, cette femme que j’avais rencontré un an auparavant dans une soirée « mondaine », dans cette somptueuse demeure d’un dénommé G., dont personne ne connaissait l’identité. Peut-être l’aurais-tu préféré à moi si tu avais croisé ses yeux et ses poches pleine d’argent et de fantaisie. Peut-être n’aurais-je qu’été un simple gosse de vingt ans, aux rêves bien trop grands et aux mots trop élémentaires. Mais je t’ai aimé, ce soir là dans cette somptueuse demeure, je t’ai aimé comme on aime jamais. J’ai su, à l’instant où mes yeux ont croisé les tiens, que j’allais vivre une vie torride, dynamique, truffée de bonheur, de douleur, des deux à la fois. Oui, je le savais. Et je m’y suis jeté, dans cette tornade furieuse qu’était mon amour pour toi et ton invisible indifférence. Innocent, le cerveau rempli de brouillard… l’Amour, je n’ai jamais su ce que c’était avant de te connaître. Et j’ai compris, ce soir là, que l’Amour se personnifiait à ton image : blonde comme l’or, les yeux d’un bleu indescriptible qui n’arrivait pas à la taille du bleu de Klein, ta peau blanche et tes lèvres roses, des lèvres qui me donnaient l’envie de toucher, d’embrasser, de mordre… tout à la fois. J’ai compris que l’Amour c’était tous ces sentiments que je ressentais dans mon corps, comme des fourmis grignotant chacun de mes membres, me laissant tomber comme un vulgaire chewing-gum sur lequel tu marchais, marchais et remarchais encore jusqu’à que mon âme sorte de mon corps et jusqu’à que je connaisse les ténèbres, le néant dont parlaient tous les débiles-amoureux. Niais, voilà de quoi m’accablaient mes amis, « tu es niais, Léon, niais d’avoir cru à une histoire pareille, avec une femme pareille dans une vie telle que la tienne ». A croire que tu méritais mieux, que c’était de ma faute si tu étais parti un matin, me laissant comme seule excuse le mot « Liberté » griffonné à la va-vite sur un vulgaire papier. J’ai compris, ce matin là et seulement ce matin là, que l’Amour n’était qu’une remise en question permanente de ce que l’on était, croyant toujours bien faire ou mal faire, évitant les faux pas, les mots simplistes et mêmes les mots romantiques. Je me suis perdu moi-même en t’aimant comme je t’ai aimé si bien qu’aujourd’hui, je lève la main sur mon coeur et je promets qu’aucune femme n’aura ma peau.

19 avril 2014
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25 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Jessy dit :

    C’est magnifique !

  2. Tellement beau, quand tu sors un livre prévient moi, j’irai tout de suite l’acheter !

    1. OrlaneBdr dit :

      Mais. Mais. Mais c’est adorable ce que tu dis !

      1. C’est simplement la vérité, tu me transportes dans un univers quand je lis tes textes, je me visualisais tout à fait la scène de la chambre d’hôtel avec les bruits des vagues, le visage de ce charmant Léon, c’est parfait. Vraiment je suis certaine que tu vas aller très loin et je serais fière d’avoir cru en toi et d’avoir lu tes premiers textes.

      2. OrlaneBdr dit :

        Tu me touches beaucoup… je ne sais vraiment pas quoi dire. Je me souviendrais de ce que tu as dit, toute ma vie certainement. Tu fais maintenant partie de ce cercle de gens qui croient en moi, et ça réchauffe mon coeur. C’est génial de me sentir soutenue, comme si j’avais un équipage derrière moi et que j’étais en quelque sorte le capitaine. Que j’avais des applaudissements en face de moi, derrière moi, autour de moi, partout. Et ça me réchauffe le coeur et ça réchauffe mes rêves aussi !

        Merci pour tout, j’espère pouvoir te faire voyager encore et encore dans mon univers.

      3. Si je peux avoir un quelconque impact dans ta vie sache que j’en serais très fière. Je serais très contente si tu me fais encore voyager dans tes univers, et je pense que tu vas très bien le faire. Tu fais une merveilleuse capitaine.

      4. OrlaneBdr dit :

        Même le chapeau me va bien, tu crois?
        En tout cas, merci encore. Tu me donnes le sourire.

      5. Tant mieux alors! À ce que je vois sur instagram les chapeaux te vont très bien alors je dirais que oui!

      6. OrlaneBdr dit :

        Oh décidément, tu me suis partout !

      7. Je me suis dit, elle écrit bien alors elle fait peut être de jolies photos donc je suis allée voir ! 😉

      8. OrlaneBdr dit :

        De jolies photos peut-être pas ! Mais j’aime bien le principe d’Instagram ! 🙂

  3. Cristy dit :

    C’est un beau texte que tu écris 🙂
    J’aime beaucoup, c’est juste triste de se dire qu’on se prêtera plus au jeu de l’amour. Pourtant, je que crois qu’on le dit tous quand on vis une déception amoureuse, on dis tous plus jamais. Mais on ne peut vivre sans amour, même si il fait mal…

    1. OrlaneBdr dit :

      Bien sûr, on se l’est tous plus ou moins dit « promis, j’arrête d’aimer les hommes (ou les femmes) ». Mais finalement, il y a toujours une personne qui parvient à rentrer dans notre vie et qui prend une place considérable. Un jour peut-être, elle nous abandonnera. Et on se redira la même chose, pour refaire la même erreur.

      Merci pour ton avis, qui m’est très important.

  4. Camillou dit :

    ALORS.
    VOILA.
    JE M’Y MET (enfin).

    J’aime beaucoup ta démarche. Le manque d’inspiration, c’est pas les mots, c’est le sujet. Quand on sait pas sur quoi écrire, on a rien à dire. Le fait de demander quelques mots à des abonnés permet de s’obliger un début, mais tout vient tout seul. L’histoire, les personnages, les sentiments. C’est là qu’elle arrive l’inspi.
    Bref je vais pas épiloguer inutilement là-dessus.

    Je suis contente d’avoir pu assister à ton évolution (preums preums preums!), tes débuts, encore toute vacillante, puis la prise de confiance, l’amélioration de tes mots, de ta façon d’écrire.

    Ce texte est un des plus beaux que tu aies fait.. Je l’aime beaucoup. On dirait un passage d’un livre. Ou même son résumé. Mais on irait bien lire le début, la suite. Personnellement, ça me plairait beaucoup… Alors je ne dis pas non pour une petite nouvelle, ou mieux encore, un roman (hein quoi j’dis ça comme ça hein).

  5. Dream closet dit :

    Très beau texte vraiment ! Tu as beaucoup de talent ! Et je me reconnais en partie dans ce texte ce qui le rend pour moi encore plus touchant. Continue comme ça !
    Il faudrait que je me remette à l’écriture moi aussi.
    Bonne soirée 🙂
    Emilie

    1. OrlaneBdr dit :

      Merci à toi !
      Bonne soirée ❤

  6. mallaurymota dit :

    C’est un tel bonheur de lire tes textes.

    1. OrlaneBdr dit :

      Je suis ravie que ce soit un bonheur.. merci !

  7. Aura dit :

    Tu es définitivement faite pour écrire. Et je t’en pris, ne t’arrêtes jamais, c’est tellement beau.

    1. OrlaneBdr dit :

      … :’)
      Ton commentaire me fait sourire, tellement sourire. Je n’arrêtai pas c’est promis.

  8. relierlespoints dit :

    Salut des États-Unis. Je me sens très chanceux d’avoir tombé sur ton blog. J’apprends la langue française depuis cinq ans et tes belles écritures me rappellent pourquoi je voulais apprendre cette langue, car franchement . . . je me suis inscrit sur Twitter et . . . bref, j’aime te lire. D’ailleurs tu me pousses à enrichir mon vocabulaire.

    Bisous

    1. Salut de la France !
      Un américain qui lit mes textes? Mais c’est génial ! Je suis touchée par ton commentaire, je suis ravie que mon blog, mes textes te plaisent. C’est une satisfaction en plus pour moi !
      Si tu as besoin d’une quelconque aide pour enrichir ton vocabulaire, n’hésites pas.

      Kiss (comme on dit) 😉

      1. relierlespoints dit :

        Je viens juste de voir ta réponse. (Je ne me connecte pas à WordPress si souvent.) Oui – J’en aurai bien besoin, merci. En même temps je ne veux pas t’embêter pour ça. C’est gentil de ta part quand même. Merci !

Philosophez :

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